POUR LA FIN DE L’ADMINISTRATION TOTALITAIRE DES GOÛTS DES VINS AU PROFIT D’INTERETS PARTICULIERS
POUR REHABILITER LA DEGUSTATION DANS LA CONSTRUCTION COLLECTIVE DE L’AOC
1. POUR EN FINIR AVEC LE « PROFIL ORGANOLEPTIQUE DE L’APPELLATION »
La réforme des signes de qualité, sous l’égide de l’INAO, est en marche. C’est dans ce cadre qu’est organisée la réforme des Appellations viticoles. Dans le dernier document publié par l’INAO le 18 juillet 2007, on lit :
« IV – L’examen organoleptique
La réforme ne modifie pas le principe selon lequel la dégustation est un élément fondamental du contrôle des produits, en particulier pour ce qui concerne les appellations d’origine. Toutefois, la composition de la commission chargée de l’examen organoleptique, doit être telle qu’elle lui assure un fonctionnement indépendant et impartial. Le CAC a ainsi acté le fait qu’elle devait comprendre les trois collèges suivants :
- experts
- porteurs de mémoire du produit
- usagers du produit, commerce alimentaire, consommateurs, toute personne proposée à l’ODG par l’organisme de contrôle,…).
Les dégustateurs seront choisis et évalués régulièrement par l’organisme de contrôle agréé et la formation de ces dégustateurs relèvera de l’ODG
Les modalités de désignation des membres de la commission chargée de l’examen organoleptique de même que ses modalités de fonctionnement figureront dans les plans de contrôle ou les plans d’inspection. »
Ce simple paragraphe remet à nos yeux en cause toute la réforme telle que nous la souhaitions. Pour trois raisons essentielles :
- Elle réintroduit le rôle de la dégustation dans son rôle fondamental précédent pour l’agrément des vins, rôle dont la remise en cause était un des motifs initiaux de lancement de la réforme.
- Elle donne le pouvoir à l’organisme de contrôle de choisir et proposer les dégustateurs, à l’ODG de les accepter et les former : mais sur la base de quels objectifs ?
- Elle réintroduit en réalité par la grande porte, dans la dégustation, la nécessité d’établir un « profil organoleptique de l’appellation », et d’en faire le critère éliminatoire pour des vins non conformes à ce profil de « référence » : c’est le grand retour de la funeste « typicité organoleptique ».
Cette démarche d’administration « syndicale/certificative » des goûts n’a aucune base scientifique, culturelle, commerciale, défendable.
Read the rest of this entry